Vendredi 16 mai.

Nous nous rendons au lieu du rendez-vous fixé avec le propriétaire des quads, devant l'hôtel Mogador (pour la culture, Mogador est l'ancien nom de la ville d'Essaouira). Juste devant nous a lieu une manifestation contre le terrorisme dans le monde.

Nous embarquons dans un Nissan Patrol dont le compteur affiche guillerettement 432 milliers de kilomètres, et qui est encore relativement frais pour son âge, et suivons une petite route sinueuse pour monter dans les collines d'Essaouira, où le guide responsable des quads nous attend.

Dans la voiture, mon beau-neveu Adil tremble presque (non, j'exagère un peu... quoique...) car il n'est jamais monté sur une moto. J'ai beau le rassurer en lui disant que de toute façon, c'est un truc proposé pour les touristes et que n'importe quelle blonde doit donc pouvoir le conduire, ça ne lui suffit pas. Nous apprenons que le conducteur du 4x4 est ici pour quelques mois, qu'il est belge - comme le propriétaire des quads, y a plus de petit profit... - et que lui aussi se posait des questions avant d'en conduire un !

Après nous être délesté de quelques centaines de dirhams, nous allons chacun faire nos premiers tours de roue en quad dans un triangle de verdasse en face de la maison. Adil s'en sort très bien, comme s'il avait conduit des quads toute sa vie. Rachida, quant à elle, essaie de se pencher pour tourner, mais ça ne marche pas ! Quant à moi, je me rends compte que d'avoir conduit une moto avant n'aide pas, parce qu'il faut faire exactement le contraire !

Nous fermons la maison et suivons notre guide pour un périple d'une demi-sixaine d'heures. Commençant par rouler durant 3 kilomètres à 40 km/h sur la route, nous bifurquons ensuite sur une petite piste super facile sablo-rocheuse puis atteignons la plage où nous commencerons à prendre réellement contact avec notre monture.

D'abord du sable plat, puis des petites dunes, puis des cailloux, des montées et descentes et des dévers, de plus en plus corsés. Parfois de petites montées d'adrénaline lorsque le quad ne prend pas la direction réellement souhaitée ou lorsqu'on est sur deux roues... ou quand le moteur cale en descente parce qu'on a bloqué les roues au freinage... mais c'est vraiment génial à conduire, en tout cas !

Une descente impressionnante où "tu freines pas, tu accélères pas, tu vas tout droit, sinon tu tombes", où effectivement on ne fait pas trop le fier durant la descente, mais une fois qu'elle est passée, quel panard !!

Trois heures plus tard, évidemment c'est beaucoup trop court, trois heures... nous devions ramener notre quad, après nous être arrêtés dans le café où Jimmy Hendrix s'était arrêté en 1968, ça c'est pour la culture générale !

Une fois de retour, nous sommes allés manger du poisson grillé dans un espèce de boui-boui dans la vieille ville, à côté du port. Allant ensuite déguster une glace sur une terrasse, c'était la première fois que je goûtais une coupe After Eight, ben c'est 'achement bon !!

Deux heures plus tard, nous abandonnions comme prévu notre appartement essaouirien pour remonter à Bouskoura. Un départ légèrement retardé par mon beau-frère qui, décidément, n'a pas de pot... étant donné qu'il a laissé celui de sa voiture au sol en partant de l'appartement ! Quelques coups de marteau plus tard, il donnait 30 dirhams au pseudo-garagiste se trouvant à quelques enjambées de là, se lavait les mains (c'était quand même pas le garagiste qui allait bosser, non mais...) et nous prenions la route.

Vu l'épisode passé lors de notre arrivée, nous avons scrupuleusement respecté toutes les limitations de vitesse, même les plus débiles (20 km/h aux abords d'un virage qu'on pourrait très bien passer pied au plancher à 130 !). Repartant de la station-service où notre 206 méritante a eu droit à son pied de Gasoil-350 à 10 dirhams le litre - 39 litres pour 786 kilomètres, rien à dire !! -, ça n'a as empêché le touriste que je suis de se faire arrêter par un sale enculé de flic véreux qui m'a dit que c'était limité à 60 km/h. Je le savais, et je venais de faire la remarque en plaisantant - jaune - que je roulais pile à 60 vu les appels de phares frénétiques faits par tous les automobilistes croisés ces 15 derniers kilomètres... en tout cas par ceux qui savent où se trouve la commande, et ceux dont la commande fonctionne ! Le flic a ajouté que je roulais à 66 km/h ! Alors là il faut qu'il se fasse soigner ou qu'il apprenne à lire, ou même plutôt les deux !

Mon beau-frère est intervenu en lui demandant ce qui se passait. Ce tas de fonctionnaire buté lui a demandé pourquoi il me laissait rouler aussi vite ! Ensuite il lui a demandé si j'étais son invité. Comme il lui a dit oui, le flic nous a laissé repartir. Comme on venait de croiser un flic arrêtant un pauvre chauffeur de camion qui n'avait apparemment rien fait, hormis de se trouver là au moment où le flic avait décide de toucher son subside de 20 dirhams, je dois dire que je suis un peu écoeuré.

Ou alors, si on décuple le subside du flic en question, est-ce qu'on a le droit de lui péter la gueule ? Parce que si c'est le cas,  je mets même 400 dirhams, il payera pour les autres.

Après 327 kilomètres de route, nous atteignons enfin Bouskoura, pas fâchés d'arriver.