Après une première partie de nuit difficile en raison d'un lit vraiment étroit et d'un connard de chien qui a aboyé non-stop jusqu'à presque quatre plombes et demie du mat', heure extrapolée à laquelle je pense m'être endormi, la deuxième partie fut bien plus réparatrice, quoiqu'extrêmement courte.

Une fois debout, ce fut le petit déjeuner juste après une bonne douche, puis nous avons glandé, affaires rangées, jusqu'aux environs de 11h30, heure à laquelle le départ fut donné.

Les moulins tournaient et les gens s'installaient dans les voitures lorsque nous nous sommes aperçus que le Patriarche manquait à l'appel !  Retour inopiné dans la maison pour glander une demi-heure supplémentaire... au point où nous en étions, franchement,... puis il se matérialisa soudain, rentrant de chez le coiffeur aux côtés d'Abdelsakh et nous pûmes enfin partir, chargés en plus d'un superbe tapis en peau de bête et d'un petit garde-aliments-au-chaud-en-forme-de-plat-à-tajine en rotin.

Sur les 200 kilomètres que comptait notre déplacement jusqu'à Essaouira, les 184 premiers se déroulèrent sans encombre.

Après environ 5 kilomètres passés au cul d'un vieux camion pourrave qui puait le diesel foutu, à la sortie d'un village, Adil dépasse avec sa Mercedes 190 ce foutu camion, nonobstant en toute sécurité comme il se doit dans ce genre de circonstances - et comme ça se fait couramment au Maroc - la ligne blanche continue à moitié effacée et la limitation de vitesse à 60 km/h. Vu l'espace disponible, je me lance derrière lui sans hésiter...

...et évidemment, comme tous les 10 kilomètres dans ce pays, y avait des flics !!

En gros, le flic me demande mes papiers et ceux de la voiture, me demande si je suis Suisse (heureusement qu'il sait lire, lui...), m'explique qu'il y aura une infraction à la vitesse (sans préciser à combien j'étais) de 400 Dirhams et s'en va avec les papiers ! Rejoint par mon beau-frère, la double-amende reviendra finalement à 150 Dirhams. Avant de partir, le flic nous signale encore un contrôle placé plus loin et un autre radar, que nous rencontrerons effectivement sur la route !

Nous débarquons finalement à Essaouira peu après, où je découvre une ville presque jolie au bord de la mer, avec une presqu'île que nous découvrirons demain, et qui se trouve être la vieille ville et sa prison portugaise.

Nous nous installons dans un restaurant et déjeudînons (vu qu'il est 16h passé) d'une friture de poissonss (de calamars personnellement pour ceux qui s'intéressent à mon régime...) avant de partager une partie de chibre avec Adil, Amal et Momo.

Un tour sur la plage vers 19h confirme ce qu'un des frères de Rachida m'avait dit : Essaouira est la ville la plus froide du Maroc. Effectivement, sans être frileux, j'ai presque la chair de poule en me promenant, alors que le soleil n'est pas encore complètement couché ! Ca nous change des 30 degrés de ce matin. Pendant que nous flirtions avec l'eau, les autres sont allés chercher les clefs d'un appartement que nous louerons pour deux jours, histoire d'avoir le temps de visiter la ville.