Mardi 13 mai. Nous quittons Bouskoura pour Youssoufia. Après 200 kilomètres d'une autoroute limitée à 120 km/h quand on peut sans souci rouler à 180 - j'ai fait une moyenne : je roulais à 150 -, où la seule justification d'une limitation de vitesse consiste en la présence de quelques dos d'âne et la traversée fréquente de l'autoroute par des piétons, parfois accompagnés d'un animal et/ou d'un cyclomoteur, la suite me fit plus penser à une piste islandaise avec une route en trous. La vitesse de croisière est donc rapidement passée de 150 aux environs de 35 km/h, les lignes droites nécessitant de fréquents braquages pour éviter les quelques trous qu'il était parfois possibles d'éviter...

Cela dit, notre 206 de location est un véritable bijou : j'aurais parié qu'il s'agissait du modèle 2 litres avec la plus faible puissance (90 ou 110 chevaux à choix). Quelle ne fut pas ma surprise en constatant qu'il s'agissait en fait d'une HDi "verte" dotée d'un 1'400 cm3 développant 70 chevaux. Incroyable la souplesse qu'elle offre, permettant de tenir un bon 175 chrono en palier avec 5 personnes à bord !

Nous arrivons en milieu d'après-midi à Youssoufia, petite ville minière horrible, morte et délabrée, avec des routes en terre et en sable, un souk antipathique au possible, bref le cauchemar absolu.

Nous trouvons tout de même un moyen de transport original grâce à Mohamed : le petit taxi-cheval où nous embarquons à cinq et nous promenons au gré des trous de la route à travers le village. En fin de journée, nous passons à l'apprentissage du jeu du chibre aux deux neveux de Rachida, Abdallah et Abdelsakh, 18 et 16 ans, dont je viens de faire la connaissance et qui sont vraiment super sympas, avant de prendre part au dîner sur le coup de minuit.

La famille se partage alors en deux parties, certains allant dormir de l'autre côté du village, chez Abdallah et ses parents, prenant en charge notre 206 pour la mettre en sécurité vu le quartier particulièrement mal famé. Même si Abdelsakh est ceinture bleue de Taekwondo, il paraît qu'il y a beaucoup de voleurs dans le coin et qu'il n'est pas sage de laisser sa voiture dehors. D'ailleurs, aucune voiture n'est visible dans tout le village !

Une fois que cette partie-là de la famille furent partis, nous éclatons de rire avec Abdallah en constatant qu'il pourra également prendre part à la poursuite du chibre commencé...
...étant donné qu'ils l'ont purement et simplement oublié !!!